Pour mener à bien une politique intégrant les nouvelles mobilités, il faut bien analyser et prendre en compte les besoins des utilisateurs et leurs trajets. « Il faut également bien comprendre les impacts stratégiques de ces nouvelles mobilités dans son entreprise », souligne Benjamin Suchar, dirigeant de Worklife. Cette entreprise commercialise une application et une carte de paiement pour financer les avantages sociaux comme le FMD ou les tickets de transport en commun. « Il faut bien saisir les enjeux de budget, de négociation salariale et de RSE, reprend Benjamin Suchar. Car une politique de mobilité alignée sur celle plus globale de l’entreprise sera mieux reçue par les dirigeants et le comité exécutif. »

Le cahier des charges comme premier pas…

Le gestionnaire de flotte peut alors prendre les devants en définissant un cahier des charges très précis, avec une analyse des questions administratives, fiscales, RH, de services généraux, etc. Et en abordant l’ensemble des problématiques : parking, sécurité, assurances, personnel concerné, but de l’opération. À chaque interrogation, il faut mettre en face des réponses pour délimiter les périmètres d’intervention. Si l’on prend la question (épineuse) des assurances, il est impératif de savoir qui est responsable en cas d’accident grave. Ainsi, avec du covoiturage, le conducteur et sa voiture sont-ils assurés pour le covoituré ?

… vers une politique de nouvelles mobilités réussie

L’important est aussi de sortir du mono-produit. Les besoins des salariés sont multiples et il convient donc de leur proposer des moyens multiples de déplacement, tout en en simplifiant l’intendance. « Un logiciel sera aussi nécessaire à partir de 50 véhicules », commente le consultant-expert en mobilité Robert Maubé. Car un outil de ce type peut repérer les surconsommations ou les utilisateurs qui doivent suivre une formation à la conduite. « Cela peut générer 4 à 5 % d’économie sur une flotte », estime Géraud Porteu, directeur général de GAC Technology, éditeur de solutions de gestion de flotte.

Cela veut aussi dire que cette gestion des nouvelles mobilités inclut de nombreux acteurs de l’entreprise très en amont des décisions. Les RH et le service financier doivent donc prendre part aux premières réunions. Et il peut être intéressant de se faire accompagner par des tiers pour résoudre l’ensemble des problèmes à affronter. Car, dans ce domaine comme ailleurs, le diable se niche dans les détails.

Tester et valider

Il est en outre indispensable de mener des tests. L’objectif reste de retenir un moyen de transport si l’essai se montre convaincant ou de passer à autre chose s’il échoue. C’est d’autant plus important quand il s’agit d’électrifier une flotte avec des points de vigilance sur l’autonomie, la charge utile et la facilité de recharge des véhicules.

Ensuite, il est impératif de faire valider les choix par les utilisateurs puis de les aider à se servir des véhicules. Ce qui nécessite des formations à la conduite, à la recharge, au code de la route, à la sécurité routière, à la mise en selle pour les vélos, etc. Enfin, il faudra consacrer du temps à surveiller le bon fonctionnement de la prise en main des véhicules, et à mesurer qu’ils sont rendus en bon état, propres, chargés le cas échéant, à l’heure, en usage partagé et pas en usage « privatisé ».

Car les écueils sont nombreux. Cela débute par une mauvaise adaptation des véhicules aux utilisateurs. Certaines entreprises s’échinent à mettre à disposition des vélos alors qu’elles se situent dans une zone industrielle sans piste cyclable mais avec une forte densité de camions. D’autres équipent en véhicules électriques des salariés qui roulent plus de 300 km par jour. La règle est connue : le véhicule doit avant tout être adapté à l’usage.

Nouvelles mobilités : entre besoins et moyens, une politique adéquate

Cette démarche d’adéquation des moyens de déplacement aux besoins des agents a été suivie par la métropole de Bordeaux qui mise notamment sur le partage de ses véhicules en parc. Avec des incitations efficaces. « Nous avons établi un système de prix qui favorise ceux qui optent pour les mobilités les plus durables. Prendre un vélo pour le trajet domicile-travail avec une remise chez soi coûtait 9 euros par mois, c’est maintenant gratuit », expose Pierre-Thomas Blaise, directeur du parc matériel de 4 500 véhicules.

« En même temps, pour ce service mais réalisé en voiture, nous avons remonté le coût de 15 à 30 euros par mois. De ce fait, les agents abandonnent petit à petit, surtout ceux qui habitent à moins de 3 km de leur bureau, le remisage voiture au profit du remisage vélo. Le remisage voiture a ainsi diminué de 5 % entre avril 2021 et avril 2022 », conclut Pierre-Thomas Blaise (voir le témoignage page 41).



Pour lire l’article complet, rendez vous sur le site de l’auteur : Source de l’article

Gwenole Guiomard pour Floauto.com